13.4.08

La chaleur du Nord

Mais quel est donc ce film qui a battu les records d'entrées en France, alors qu'il n'avait pas été annoncé ni comme un film à gros budget, ni comme un film aussi ambitieux ? Quel est donc ce film pour lequel le bouche-à-oreille et l'emballement médiatique ont touché toutes les familles de France ? Parfois, même quand un film ne m'aurait pas forcément attiré par la simple lecture de son synopsis, je souhaite le voir pour comprendre pourquoi il a plu aux autres et créé la surprise générale. En quelque sorte, je ne le vois pas pour mon propre plaisir, mais pour comprendre pourquoi il plait.
C'est dans cette démarche que j'ai vu Bienvenue chez les Ch'tis - séance du matin, je ne voulais pas mettre trop d'argent dans un film que je considère pouvoir regarder à la télévision sans le "trahir".
Eh bien, ce fut intéressant. Un public très familial (dimanche oblige), beaucoup d'enfants (mais pas trop jeunes quand même) accompagnés de leurs parents ou grands-parents et de grands éclats de rires pendant toute la séance (et même le générique de fin, pendant lequel des extraits du making of sont proposés, comme une partie de rigolade supplémentaire).
Bienvenue chez les Ch'tis présente, au-delà de la région du Nord, une France "provinciale" accueillante et drôle. La ville de Bergues n'a pas été choisie par hasard, c'est sans doute l'une des plus belles villes du Nord Pas-de-Calais. Alors, face aux préjugés négatifs de ceux qui ne connaissent pas la région, s'imaginant qu'elle est peuplée de rustres et d'alcooliques et qu'il y fait aussi froid qu'au pôle Nord, Dany Boon rétorque par des préjugés positifs, des personnages tous plus sympathiques les uns que les autres, accueillants et accessibles, des situations cocasses et un hommage au patois régional, le ch'timi. Cette comédie n'est pas forcément plus nuancée que les préjugés qu'elle condamne. Mais, elle sait susciter l'adhésion par le rire.
Alors voici mes conclusions. D'abord, je pense que la France a besoin de rire, de sortir de cette ambiance morose qu'elle voit tous les jours au JT ou même qu'elle vit (baisse du pouvoir d'achat, etc). Aussi, la France a besoin d'être réconfortée. Les différentes cultures et particularités locales, les richesses qui font l'identité des régions de France, sont trop rarement mises en valeur par le cinéma. Il devient même de plus en plus rare d'entendre des accents régionaux dans les films. Or le patrimoine français n'est pas uniforme et chaque région pourrait offrir un cadre de cinéma différent. Je pense que ce film aurait pu être tourné dans plein d'autres régions et rencontrer le même succès. Au-delà de l'humour, c'est le sujet et son traitement qui ont permis à ce film de devenir un succès populaire : facilité de compréhension des enjeux, simples et universels ; identification avec le personnage interprété par Kad Merad, dont les préjugés sont mis à mal ; rythme soutenu qui ne laisse pas le temps de s'ennuyer ; jeu des acteurs assez poussé, souvent caricatural.
Au final, je l'avoue, moi aussi j'y ai pris plaisir.

7.4.08

Ivoires d'Afrique

Le Musée du quai Branly présente jusqu'au 11 mai une exposition d'une vingtaine d’œuvres en ivoire d'origine africaine, arrivées en Europe entre la fin du XVe et le début du XIXe siècle. Ces sculptures, provenant des zones de l’embouchure du Congo, de la Sierra Leone et du Nigéria actuels, ont été les premières œuvres d'art à atteindre l'Europe à la suite de l'exploration des côtes d'Afrique sub-saharienne par les navigateurs portugais. Alliant exotisme et luxure aux yeux des Européens, ces pièces raffinées sont entrées dans des collections aristocratiques, et font partie aujourd’hui des collections publiques françaises.
On en distingue deux ensembles : les ivoires destinés à un usage local, marques de dignité pour les chefs locaux, et ceux destinés à l’exportation, commandés par les navigateurs portugais. Ces derniers sont désignés par l’expression "ivoires afro-portugais" et comportent des motifs iconographiques européens : croix, motifs manuélins, scènes de chasse… On distingue ensuite deux sous-ensembles en fonction du territoire précis de provenance : les ivoires "bini-portugais" créés par des artistes Bini du royaume du Bénin, et les ivoires "sapi-portugais" par des artistes Sapi de Sierra Leone.
J’ai eu un petit coup de cœur pour cette cuiller d’ivoire sapi-portugais, d'une grande finesse, et dont le manche est composé d’une scène assez extraordinaire : une gueule de crocodile en train de dévorer un bras humain !

Photo Patrick Gries, musée du quai Branly


Des explications plus détaillées et davantage de photos dans le dossier de presse du Musée du quai Branly présentant l’exposition.

31.3.08

Influences architecturales

Quand une architecture contemporaine s'inspire d'une architecture du passé...

Palacio national de Sintra


Casa da Música, Porto

24.3.08

L'extravagant M. Alvess

Une folie intelligente, un humour décalé et un graphisme proche de la perfection parcourent les œuvres de Manuel Alvess, exposées actuellement à la Fondation Serralves de Porto.
J'ai eu un vrai coup de cœur pour cet artiste présenté comme "peut-être le plus secret des artistes portuguais". Des toiles découpées ou perforées avec minutie, des jeux avec les matières, les formes, le vide, le blanc et les couleurs. Chaque œuvre surprend le visiteur par des trouvailles auxquelles il n'aurait pas pensé, proposant des expériences esthétiques - et humoristiques - nouvelles. A tel point que j'aurais parlé de véritable "génie artistique" pour qualifier certaines d'entre elles.
Cet artiste étant vraiment méconnu, et plus encore par le public francophone, je me permets de traduire ici quelques extraits des textes de présentation de l'artiste, l'un présent sur le site web du musée et l'autre distribué à l'entrée de l'exposition.
Manuel Alvess est peut-être l'artiste le plus secret du Portugal. Vivant à Paris depuis les années 1960, Alvess a été accueilli et admiré par d'autres artistes portugais qui y résidaient, comme Lourdes Castro ou René Bertholo. Ses premières œuvres étaient des toiles tendues vides sur lesquelles le dessin apparaît à travers l'utilisation de fermetures éclair ou l'ouverture de trous dans la matière. Il fait des performances, des projets de mail art et invente une série d'objets de dimensions non fonctionnelles, comme son élastique et flexible "seizimètre". Son travail est toujours critique des formes légitimes de présentation des objets d'art, redéfinissant leur nature et provoquant l'art à travers la référence à la vie quotidienne.
Utilisant la toile, les objets, le mail art, la performance, la photographie et les dessins, Alvess a construit une œuvre singulière qui subvertit notre expérience de l'art et est intégrée dans l'histoire des attitudes "anti-art" (allant du dadaïsme aux langages Fluxus) qui ont redéfini les pratiques artistiques au 20e siècle.
Cette première exposition anthologique de l'œuvre d'Alvess rassemble des travaux produits depuis plus de 40 ans - la plupart desquels n'a jamais été exposée auparavant. Alvess, excepté pour quelques (rares) initiatives publiques, a produit et gardé la plupart de ses travaux en secret.
Il est difficile de réfléchir sur l'œuvre d'Alvess sans prendre en considération sa vie. Manuel Alvess est arrivé à Paris en 1963, venu d'un pays dirigé par une dictature. Il y a certaines différences clés entre Manuel Nogueira Alves - le citoyen portugais qui déménagea à Paris en 1963 - et Alvess, l'artiste parisien qui ajouta un "s" à son nom afin de réussir une "intégration" plus douce dans le contexte artistique de sa nouvelle ville d'adoption. Son changement de nom subtil a été effectué avec un certain degré d'ironie, parce qu'il remarqua que les Français avaient tendance à accentuer la dernière syllabe de son surnom.

L'ensemble des œuvres de l'exposition est présenté dans un beau livre vendu à la Fondation. Si par hasard vous passez par Porto avant le 20 avril, ne passez pas à côté ! Et pour les lusophones intéressés, le texte complet de présentation de l'artiste est disponible en ligne ici.

23.3.08

A la découverte de Porto

Ce fut la nouveauté de ce séjour : la découverte de la ville de Porto. Elle nous a laissé des impressions mitigées, entre le romantisme de ses parcs et la modernité de ses espaces culturels, et l'aspect abandonné, presque fantomatique, de certains quartiers du centre-ville.










Promenade dans l'Alfama

Je suis de retour de huit jours de calme et de repos au Portugal. J'étais si imprégnée par les découvertes quotidiennes et la vie sur place, que je n'avais plus le temps de penser à d'autres préoccupations. C'est ce qui est bien avec les "vraies" vacances, si bénéfiques pour l'esprit. Cela faisait déjà deux ans et demi que je n'étais pas retournée voir la belle Lisbonne. Voici pour commencer les photos d'une balade dans l'Alfama, le quartier historique où est né le fado.





10.3.08

Echéances à venir

Je l'avoue, après l'agréable repos de la première semaine sans travailler, le sentiment de liberté et d'autonomie totale quant à la gestion de mes journées, je commence à ressentir une espèce de déstructuration, de solitude et de manque de motivation. Les vacances, c'est bien, mais quand on ne sait plus ce que l'on cherche et ce que l'on veut, ce n'est pas si bien que ça. Depuis l'annonce du non renouvellement de mon contrat, j'en ai eu, des hauts et des bas, si bien que j'ai passé des journées à flotter sur mon nuage et d'autres à ne plus savoir où donner de la tête.
Ce qu'il se passera dans les six prochains mois m'apparaît aujourd'hui plus que flou. Pour prendre du recul et... profiter du présent, je pars bientôt au Portugal pour une semaine de dépaysement entre amis.

5.3.08

(Anti)héros de ce début d'année

Depuis ce début d'année, je n'ai pas cessé de regarder des films sombres, pessimistes ou tragiques. Brouillage entre le bien et le mal, éclatement des valeurs ou dépassement des limites, les personnages sont surtout incontrôlables. Un point commun : leur détermination. Portraits des principaux acteurs que je retiendrais...

Michael Shannon dans Shotgun Stories (Jeff Nichols)

Kierston Wareing dans It's a free world ! (Ken Loach)

Tony Leung dans Lust, Caution (Ang Lee)

Javier Bardem dans No Country for Old Men (Joel & Ethan Coen)

Daniel Day-Lewis dans There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson)

2.3.08

Monsieur Melon donne la pêche

J'ai connu Mikou il y a sept ans déjà, à l'époque où il faisait partie du groupe de "reggae acoustique" Rastafonic. Pour gagner sa vie, il chantait dans le métro avec sa guitare, ses propres compositions, distillant la joie et la bonne humeur auprès des Parisiens empruntant la ligne 6. Depuis, le style musical s'est enrichi d'influences swing et jazz manouche, d'abord avec une flûte traversière avec le groupe Jamoko, puis avec une contrebasse et une clarinette (ou un saxo), avec Monsieur Melon.
Cela fait donc énormément plaisir d'apprendre la sortie du premier album du groupe, Même en hiver. Voir le résultat de tant d'efforts, de toute cette énergie positive constante pendant ces années et ce rêve de vivre de la musique, enfin réalisé...
Quant à l'album en lui-même, c'est un mélange savamment dosé de poésie, de joie et de mélancolie, avec ces paroles réconfortantes et ces mélodies entraînantes et variées. A découvrir sur le Myspace de Monsieur Melon pour s'en faire une première idée.
Seul bémol : je trouve que le graphisme de l'album aurait pu être un petit peu plus soigné, moins dans le style "dessinateur débutant".

1.3.08

S'installer et travailler au Québec


Tout nouveau tout beau, fraîchement sorti en librairies, j'ai l'honneur de vous présenter mon nouveau compagnon, ma nouvelle bible (je m'enflamme) : "S'installer & travailler au Québec" de Laurence Nadeau. Rempli de bons conseils et de renseignements pratiques pour bien préparer le départ au Québec, ce guide nous sera très certainement d'une grande utilité pour ces prochains mois.