21.7.07

Le Temps des gitans transposé en "punk opéra"

Etant donné mon admiration sans limites pour le génie Kusturica, il m'a fallu quelque temps pour admettre ma (relative) déception quant à ce spectacle auquel j'ai assisté le 8 juillet dernier à l'opéra Bastille.
Pourtant, ce ne sont pas les images insolites ou burlesques qui manquent : l'opéra commence par l'entrée en scène d'un groupe d'oies... bien vivantes. Le "punk opéra" mélange plusieurs formes d'expression artistique : musique rock - par le No Smoking Orchestra... sans son bassiste - et théâtre - de nouveaux comédiens chanteurs ayant été recrutés -, mais aussi extraits du film original et nouvelles vidéos. Les costumes sont ultra colorés, les décors oscillent entre réalisme et onirime, parfois ce petit monde qui s'agite frise la provocation au spectateur, tellement il est "bordélique". La scène se transforme alors en champ de bataille et les décors en carton s'effondrent sous nos yeux. On n'hésite pas à utiliser des stratagèmes tout à fait visibles pour faire voler maisons ou personnages, on montre à outrance les moyens techniques mis en oeuvre pour parvenir à faire passer les idées. Exemple : le personnage de Perhan qui ouvre une petite trape et marche sur un tapis déroulant. Il avance mais fait du sur place, il n'a pas besoin de plus que ça pour rentrer chez lui.
Ce n'est donc pas le manque d'audace ou de créativité que l'on peut reprocher au cinéaste devenu metteur en scène d'opéra. Mais je trouve que l'histoire pâtit de ce foisonnement d'idées visuelles, comme si Kusturica avait tant souhaité s'adapter à la nouvelle mise en scène "opéra", qu'il en oubliait son scénario. Suivre le déroulement de l'histoire en lisant les paroles des chansons traduites en français sur un panonceau en haut de la scène, relève de l'exploit. Seuls ceux connaissant par coeur le film réussissent à s'y retrouver. Pour les autres, il s'agit d'une succession de scènes sans continuité compréhensible.
Heureusement donc que je connaissais le film original. Mais en même temps, cela était quelque peu handicapant : je recherchais la même émotion que m'avait procuré le film, mais la mise en scène distanciée ne le permettait pas. Je me rends compte maintenant à quel point je suis une adepte de la mise en scène de cinéma : vive les gros plans, les inserts, les musiques off, la combinaison de tous ces éléments qui permettent d'être dans une scène et non pas devant une scène. Le spectacle donné à l'Opéra Bastille m'a plus rappelé le concert du No Smoking Orchestra - le chanteur fou de la bande ayant hérité du rôle d'Ahmed, l'oncle mafieux. Ce spectacle était donc aussi l'occasion de retrouver la joyeuse énergie de cette bande, et de découvrir de nouvelles chansons endiablées, bien loin de la finesse d'un certain Bregovic dont je suis également fan.
Voir plus d'infos sur le spectacle sur le site kustu.com.

10.7.07

Life in a Bubble (Tel-Aviv)

Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l'arrivée d'Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux.

Je suis sortie abasourdie de la projection de The Bubble, d'Ethan Fox. Après avoir suivi au quotidien ces jeunes gens au coeur de Tel-Aviv, après s'être attaché, avoir ri, aimé, pleuré avec eux, c'est difficile de s'en séparer aussi cruellement, sur une note aussi dramatique et pessimiste. La séquence d'ouverture, d'une intensité dramatique forte - au Check Point de Naplouse où les Palestiniens sont fouillés, une femme perd ses eaux et le bébé meurt avant l'arrivée d'une ambulance -, annonce déjà le douloureux final. Entre les deux, comme entre parenthèses, des moments d'insouciance, de beauté, d'échange, d'amour sont montrés. Il s'agit bien d'une "bulle" de bonheur, au milieu du conflit israëlo-palestinien. La ville de Tel-Aviv apparaît animée, agréable à vivre, lorsqu'on oublie ce qu'il y a autour. La "politique" est vécue par les protagonistes comme un sujet tabou, une menace plus ou moins définie. La bulle finit par éclater (comme une bombe) sous les pressions extérieures. La violence s'immisce de force dans la vie des personnages... jusqu'au désespoir.
De jeunes acteurs justes et émouvants au service d'un film courageux, qui s'attaque à la fois à deux sujets "chauds" - homosexualité, conflit israëlo-palestinien - pour nous livrer une histoire unique mais à résonance universelle.

17.6.07

Mike Ibrahim, une voix suave et une musique métissée

Un peu de curiosité et de risque permettent de faire des découvertes musicales intéressantes. Nous avons ainsi découvert hier soir les tremplins "Nouveaux talents" organisés tous les samedis soir à l'Archipel, présentés par Evelyne Adam de France Bleu.
Mike Ibrahim se produisait dans cette salle de cinéma transformée en salle de concert, avec son groupe composé de deux chanteuses pour le coeur (Fred Alie et Najoua Belhadj), un bassiste et un batteur.
La biographie de l'artiste :
Né en 1975 dans la région parisienne, d'origine malgache, bretonne et afro-américaine, Mike Ibrahim grandit en Martinique. Il est très tôt attiré par la diversité de la culture antillaise, qui fait directement écho à la pluralité de ses racines. Il étudie d’ailleurs l’histoire et la littérature en langue créole à l’université des Antilles et de la Guyane. Par la suite, en 1990, il se lance dans une carrière de musicien et chanteur.
A l’image de la culture caribéenne, la musique de Mike Ibrahim est très métissée. Son premier album « Ninaroz » prône d’ailleurs l’ouverture, l’échange culturel et le dialogue.

Une voix suave et chaleureuse, un groupe plein de charme pour nous faire apprécier une agréable soirée aux sons et rythmes des Caraïbes. Une alternance d'anglais, de créole et de français comme pour parfaire le métissage. Certaines chansons étaient dédiées à des lieux de Martinique, d'autres avaient un "message" d'ouverture. La reprise "I wanna love you" de Bob Marley était enfin un hommage à ce maître qui a laissé tant d'influences derrière lui.
Bref, un moment de relaxation et d'évasion, dans une salle plongée dans le noir, une ambiance intimiste et respectueuse (pas de bavardages ni de fumée), comme un concert entre amis (pas plus d'une quarantaine de personnes). Une expérience à renouveler !
Pour écouter quelques morceaux, rendez-vous sur le MySpace de Mike Ibrahim.

16.6.07

Dancing around the world

Connaissez-vous Matt Harding et sa danse à travers différents pays du monde, devenue l'une des danses les plus populaires sur Internet ?
Sur son site Where The Hell Is Matt ?, y figurent ses 2 vidéos de voyage de 2005 et 2006, ainsi qu'une dernière vidéo avec les "scènes coupées" de la seconde. Egalement, un carnet de voyage sous forme de blog et des images satellitaires présentant les parcours de Matt par année.
Après réussi à atteindre assez tôt son but de toujours, travailler dans les jeux vidéos, le jeune Américain quitte son travail en Australie et entame en février 2003 un voyage à travers le monde avec l'argent qu'il s'était mis de côté. Au cours de ce premier voyage, il a l'idée de se filmer partout où il va en train de danser. Il monte ensuite la première vidéo, Dancing 2005, qui devient un succès sur YouTube. Il est alors contacté par Stride Gum qui lui propose de le sponsoriser pour un nouveau voyage : Dancing 2006 est le résultat de cette collaboration réussie. Ce second voyage dure 6 mois, à travers 39 pays sur les 7 continents.

Dancing 2005, de Matt Harding


Dancing 2006, de Matt Harding


Dancing Outtakes, de Matt Harding

10.6.07

Merci



9.6.07

L'Europe vue du ciel

Voici une belle escapade visuelle dans différents pays européens, à travers ce diaporama de L'Internaute Voyager qui présente des photos aériennes de Daniel Philippe.

Les paysages de l'Alentejo, au Portugal.

2.6.07

Le travail, c'est la santé

Noyée par le travail...
La masse de projets, de discussions, de sujets, de publications...
Perturbée, embrouillée par un emploi du temps trop plein...
Pas de temps mort, pas de temps libre...
Mais au moins, je suis occupée.
Je ne m'ennuie pas.
Je n'ai pas le temps.
Un peu stressée, pourtant.
Souvent fatiguée, aussi.

Les examens (les derniers ?) sont finis. Le projet de fin d'année avance à vive allure. La vie étudiante va bientôt s'achever. Un contrat à la clé de mon stage. Bientôt vingt-cinq ans.

22.5.07

L'âme seule

"Un personnage en proie à la solitude va découvrir ce qui manque à sa vie..."


Un film de Cédric Berthier, Jean-Sébastien Leroux et Maximilien Royo, trois amis d'horizons différents réunis par une passion commune, faire des films.
Raconter une histoire, passer des émotions, et ce quelle que soit la technique utilisée.

Voir aussi leur site : http://www.ameseule.com

19.5.07

Salut l'artiste...

Au revoir, Monsieur le Président.

8.5.07

Loin d'elle

Lorsque Sarah Polley se met à la réalisation, cela donne quelque chose d'équivalent à son interprétation et à ses choix en tant qu'actrice (Ma vie sans moi et The secret life of words d'Isabel Coixet) : Loin d'elle, son premier film, regorge de sensibilité, de gravité et de pudeur.

L'histoire : Fiona et Grant sont mariés depuis 45 ans, ils ont surmonté les épreuves, l’usure du temps et s’aiment tendrement. Pourtant, Fiona a des pertes de mémoire de plus en plus fréquentes. Apprenant qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer, elle décide de se faire admettre en maison spécialisée. Grant ne sait comment gérer cette séparation, rongé par la culpabilité. Impuissant, il regarde Fiona s’éloigner de lui et tomber amoureuse d’un autre patient. Grant arrivera-t-il à gérer la situation et ses sentiments ?

Ce film m'a forcément rappelé le film français Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman, avec Isabelle Carré, qui traite également de la maladie d’Alzheimer ; mais il diffère de celui-ci dans le sens où nous restons dans le monde de la réalité et de la conscience, il n'y a pas de volonté de transcrire à l'écran la perte de mémoire et la "folie" de manière surréaliste.
Nous suivons l'évolution de l'histoire du point de vue de celui qui reste lucide : Grant, le mari, et partageons avec lui les différentes phases qu'il traverse au contact de la maladie : l'espoir de la guérison, le déchirement de la séparation, la solitude, la désillusion, un nouveau "bonheur" possible...
Loin d'elle est posé, pudique, et accorde une place importante au contre-poids de la souffrance et de la solitude, et au message d'espoir (à travers notamment la figure amicale de l'aide-soignante).
Sarah Polley filme à fleur de peau les personnages (Julie Christie et Gordon Pinsent) et dévoile toute leur beauté à chaque instant - ce qui reste rare au cinéma, les personnes âgées étant généralement relayées aux rôles secondaires.
Lien vers le site officiel.